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Zoom sur la pollution du trafic maritime et de ses particules fines

Le 26 septembre dernier au journal de 20h00 de France 2, Qualitair Corse présentait les mesures des particules fines près la zone portuaire d’Ajaccio et les problématiques des émissions maritimes en partenariat avec des associations de riverains. Ceci est l’occasion d’expliquer les problématiques d’une des principales sources de pollution atmosphérique qu’est le trafic maritime.

Le transport maritime achemine plus de 90% des marchandises dans le monde et transporte plusieurs millions de personnes chaque année. Gourmands en énergie, les bateaux génèrent autant de pollution aux particules ultra-fines qu’un million de voitures. Peu connue du grand public, cette pollution porte atteinte à la santé des habitants des villes portuaires.

En effet, la plupart des armateurs et compagnies utilise du fioul lourd pour leurs bateaux. Or ce fioul est particulièrement polluant en émettant des particules fines qui pénètrent plus ou moins profondément dans l’arbre pulmonaire. Les particules les plus fines peuvent, à des concentrations relativement basses, irriter les voies respiratoires inférieures et altérer la fonction respiratoire dans son ensemble. Certaines particules ont des propriétés mutagènes et cancérigènes.

Sous l’impulsion du Danemark, l’Organisation Maritime Internationale (OMI)  a créé des zones d’émissions contrôlées dites ECA sur des zones maritimes telles que la Manche ou la Mer du Nord. Sur ces espaces maritimes, des contrôles stricts des navires marchands ont été établis par l’OMI pour minimiser les émissions d’oxydes de soufre (SOx), d’oxydes d’azote (NOx) et interdire toute émission délibérée de substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Elle régit de plus l’incinération à bord et les émissions de composés organiques volatils (COV) imputables aux navires-citernes.

Les bateaux doivent donc utiliser le temps du trajet dans ces zones un fioul de meilleure qualité émettant moins de dioxyde de soufre et d’azote. Mais l’utilisation de ce fioul est coûteux et reste un frein.

Pendant les phases à quai, des armateurs mettent en œuvre des méthodes alternatives avec des raccordements électriques ou des réflexions sur l’utilisation du GNL mais cela nécessite un coût et des installations portuaires adéquates.

Les zones ECA ne prenant pas en compte à ce jour les émissions des particules, la France milite pour que les zones ECA prennent en compte tous les polluants réglementaires et que la mer Méditerranée devienne également une zone ECA.

Pour cela, le ministère a réuni début septembre 2019 une majorité de pays méditerranéens afin de sensibiliser les différents états et obtenir leur soutien dans le cadre du dépôt d’un dossier technique auprès de l’OMI. Ce dossier devrait être déposé à l’OMI sur la période 2019-2020.

Atmo France suit avec attention les travaux et réflexions du Ministère de la Transition Ecologique sur ce sujet.

> Retrouvez l’interview de Qualitair Corse, l’association agréée pour la surveillance de la qualité de l’air en Corse (à la minute 25’20)

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