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Recensement des établissements sensibles les plus exposés à la pollution de l’air sur Bordeaux

Atmo Nouvelle-Aquitaine, l’observatoire de la qualité de l’air en région Nouvelle-Aquitaine, a mis à jour la liste des établissements sensibles de Bordeaux Métropole les plus exposés à la pollution de l’air. Ce recensement a croisé les établissements avec les concentrations en polluants émis majoritairement à proximité des axes routiers, le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines PM10 et PM2,5, sur le territoire de Bordeaux Métropole et pour l’année de référence 2019. Présentation du recensement.

Quels sont les établissements sensibles ?

1 618 établissements au total ont été évalués. Il s’agit d’une base de données constituée des écoles (petite enfance, primaire et secondaire), des établissements de santé (hôpitaux, cliniques …), des établissements accueillant des personnes âgées, mais également les établissements accueillant des personnes en situation de handicap ainsi que les terrains de sport de plein air (tennis, football …)

Quels polluants ont été investigués ?

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’exposition des établissements sensibles à la pollution engendrée à proximité des axes routiers principalement. C’est pourquoi, ont été pris en compte trois polluants émis majoritairement les particules PM10 et PM2,5 et le dioxyde d’azote NO2 par ce secteur et pour lesquels des dépassements réguliers des valeurs réglementaires sont observés chaque année en milieu urbain.

Les études épidémiologiques ont montré que les symptômes bronchitiques chez l’enfant asthmatique augmentent avec une exposition de longue durée au NO2. On associe également une diminution de la fonction pulmonaire aux concentrations actuellement mesurées (ou observées) dans les villes d’Europe et d’Amérique du Nord.

Selon leur taille (granulométrie), les particules pénètrent plus ou moins profondément dans l’arbre pulmonaire. Les plus grosses sont retenues par les voies aériennes supérieures. Les particules les plus fines peuvent, à des concentrations relativement basses, irriter les voies respiratoires inférieures et altérer la fonction respiratoire dans son ensemble. Certaines particules ont des propriétés mutagènes et cancérigènes : c’est le cas de celles qui véhiculent certains Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP).

Que peut-on en retenir ?

Localisation des établissements sensibles exposés à des dépassements de la valeur cible (rose) et l’objectif de qualité (orange) pour les particules PM2,5 sur Bordeaux Métropole (source : Atmo Nouvelle-Aquitaine)

Localisation des établissements sensibles exposés à des dépassements de la valeur cible (rose) et l’objectif de qualité (orange) pour les particules PM2,5 sur Bordeaux Métropole (source : Atmo Nouvelle-Aquitaine)

Le croisement des cartes de qualité de l’air avec la localisation de ces établissements montre qu’en 2019, plus de 98% des établissements du territoire métropolitain se situent dans des zones respectant les valeurs limites en moyenne annuelle, ce qui est équivalent aux résultats de l’année 2013 où 99% des établissements respectaient ces mêmes valeurs. A noter toutefois que 31 établissements restent en dépassement de la valeur limite pour le dioxyde d’azote, valeur fixée à 40 μg/m3 en moyenne annuelle, ce qui représente environ 4 500 personnes.

L’analyse sur les autres valeurs de référence (objectif de qualité, valeur cible, valeur guide) montre que :

  • les résultats sont proches de ceux concernant la valeur limite pour les valeurs les moins conservatoires (objectif de qualité annuelle à 30 μg/m3 pour les PM10 et valeur cible à 20 μg/m3 pour les PM2,5) avec des pourcentages inférieurs à 1% d’établissements sensibles en situation de dépassement,
  • une plus grande partie des établissements est en dépassement des valeurs les plus conservatoires :
    • avec 45 des 1 618 établissements (3%) pour 8 500 personnes exposées environ en ce qui concerne la valeur guide OMS fixée à 20 μg/m3 en moyenne annuelle pour les PM10, et
    • en particulier pour l’objectif de qualité, ou valeur guide OMS, fixé à 10 μg/m3 en moyenne annuelle pour les PM2,5 où la moitié des établissements sont concernés soit 673 des 1 618 établissements (42%) représentant environ 96 400 personnes exposées estimées.

Entre 2013 et 2019, le nombre d’établissements sensibles en situation de dépassement des valeurs de référence est en baisse ce qui s’explique par une amélioration de la qualité de l’air au cours de cette période pour les polluants étudiés.

Quelle méthode de croisement des informations ?

A l’aide des outils de modélisation de la qualité de l’air disponible à l’échelle du territoire métropolitain et d’un système d’information géographique, il a été possible de croiser les informations sur les données de qualité de l’air et sur la localisation des établissements sensibles pour établir un recensement des établissements en dépassements des valeurs réglementaires pour les polluants atmosphériques : dioxyde d’azote NO2, particules en suspension PM10 et particules fines PM2,5.

Le principe est schématisé ici :

Et après ?

Les résultats de cette étude renforcent l’intérêt :

  • d’assurer la protection de la santé des populations fréquentant ces établissements (diffusion et prise en compte des recommandations sanitaires en cas de pic, prise en charge particulière des enfants sensibles à la pollution de l’air dans les structures d’accueil…) ;
  • de poursuivre les actions de réduction des émissions, notamment celles agissant sur le trafic routier ;
  • de poursuivre la surveillance de la qualité de l’air à proximité des axes à fort trafic (rocade, boulevards…) ;
  • d’inciter les collectivités à une vigilance particulière en matière de qualité de l’air et de trafic routier dans le cadre de l’urbanisme, et notamment lors de projets d’aménagements d’établissements accueillant des personnes vulnérables ou sensibles à la pollution atmosphérique.

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  Posté le : 07 avril 2021