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Qualité de l’air et Covid-19 : quelles interactions ?

Après une première note sur le lien entre Pollution de l’air, gaz à effet serre et crise du COVID-19 en mai 2020 , l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a été sollicité par la commission des affaires sociales et la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale pour effectuer un nouveau bilan sur les interactions entre pollution de l’air et Covid-19. Extraits.

Air extérieur et Covid-19

« Leurs résultats vont dans le même sens : les zones où le virus circule le plus correspondent aux zones avec les plus forts taux de pollution, notamment en PM2,5 et en NO2. Les rapporteurs appellent cependant à la prudence vis-à-vis de ces résultats, qui sont issus de modélisations et de calculs de corrélation et dont l’interprétation doit être pondérée par la considération de certains facteurs sources de biais : densité de population, maladies chroniques, tabagisme, composition des familles par exemple.

C’est pourquoi les rapporteurs recommandent de mettre en place des études sur cohorte pour mieux explorer ces phénomènes dans leur pleine mesure.

Une exposition chronique à ces polluants faciliterait ainsi l’entrée du virus dans les cellules et augmenterait le risque de développer des formes graves de Covid-19. Par ailleurs, la réponse immunitaire peut être perturbée par les polluants, notamment les particules fines issues d’activité de combustion.

La probabilité d’interaction entre une particule fine et un aérosol porteur de charge virale est cependant très faible, en particulier à cause de l’effet de dilution en air extérieur. »

Air intérieur et Covid-19

« En milieu confiné, les dynamiques de circulation du virus sont différentes et l’effet de dilution devient négligeable.
Les agents pathogènes sont souvent de même taille que les polluants, les méthodes de gestion des polluants de l’air intérieur peuvent donc aussi s’appliquer. Pour la Covid-19, il s’agit alors de savoir si la charge virale peut se trouver durablement en suspension dans l’air, ce qui rejoint la question de la potentielle contamination par aérosols.

La transmission par aérosols peut être réduite par des mesures de renouvellement de l’air intérieur, comme peut l’être la concentration des polluants de l’air intérieur. C’est pourquoi l’aération régulière des pièces est un geste barrière qui permet d’éviter l’accumulation de particules fines et d’aérosols susceptibles de transporter le virus.

Un bon indicateur du renouvellement de l’air dans une pièce est le niveau de dioxyde de carbone (CO2). Facilement mesurable à l’aide de petits capteurs, le dioxyde de carbone est émis lors de la respiration et s’accumule dans la pièce au fil du temps.

Les rapporteurs recommandent l’installation et l’usage des capteurs de CO2 dans les ERP afin de faciliter la mise en place des mesures d’aération et de diminuer le risque de contamination par aérosols dans la lutte contre le SARS-CoV.

Un tel usage dépasse d’ailleurs la lutte contre la Covid-19 et s’étend à la prévention des épidémies saisonnières et respiratoires, comme la grippe et la bronchiolite, et à l’objectif général de santé publique qu’est une bonne qualité de l’air intérieur.

On voit par ailleurs se développer un marché des purificateurs d’air, censés aspirer et « nettoyer » l’air intérieur au moyen de filtres mécaniques ou de procédés physiques ou chimiques, sans qu’il soit besoin d’ouvrir les fenêtres.

Au vu des avis rendus par les agences sanitaires, les rapporteurs estiment que les purificateurs d’air équipés de filtres HEPA 13 ou 14 sont la solution de référence et qu’il convient de rester prudent quant à l’utilisation des autres techniques, notamment dans les ERP. En effet, les filtres mécaniques HEPA n’initient aucune réaction physico-chimique susceptible de produire des polluants.

Les rapporteurs soulignent que l’amélioration de la qualité de l’air intérieur doit reposer en priorité sur un renouvellement de l’air résultant de la ventilation et de l’aération, dès lors que la qualité de l’air extérieur le permet, et que l’usage de purificateurs d’air doit être vu comme une mesure complémentaire. »

Les rapporteurs, le député M. Jean-Luc Fugit et la sénatrice Mme Angèle Préville, complètent leur avis avec dix recommandations qui « visent à proposer une stratégie globale non seulement pour la prise en compte des interactions entre la pollution de l’air et l’épidémie de Covid-19 mais aussi, plus globalement, au service de la qualité de l’air dans les milieux confinés. »

> Retrouvez la note complète – novembre 2021 et celle de mai 2020

  Posté le : 17 décembre 2021