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Qualité de l’air dans le métro

Atmo Hauts-de-France, l’observatoire de la qualité de l’air en région Hauts-de-France, a publié une nouvelle étude sur la qualité de l’air dans le métro lillois sur les quais et dans les rames. Des différences de concentrations de polluants existent si on est dans la rame ou sur les quais.

Principaux résultats

  • Des concentrations plus élevées sur les quais que dans les rames pour les particules PM10 et PM2.5 : sur les quais, les concentrations en particules PM10 et PM2.5 sont les plus importantes à Mairie d’Hellemmes, puis Gare Lille Flandres et enfin Porte des Postes. Pour les particules en suspension PM10, les valeurs guides sur 1 heure (533 µg/m3) et sur 15 minutes (2 045 µg/m3) du CSHPF (Conseil supérieur d’hygiène publique de France) sont respectées pour les 3 stations du métro lillois Gare Lille Flandres, Porte des Postes et Mairie d’Hellemmes.
  • Des concentrations plus élevées dans les rames que sur les quais pour les métaux et le CO2 : les métaux prépondérants retrouvés sont le fer, le cuivre et le baryum, comme pour les autres enceintes ferroviaires souterraines françaises. Le confinement est plus élevé dans les rames (facteur de 1,43), en lien avec des volumes plus petits pour les usagers. On n’observe pas de différence significative pour la température et l’humidité relative entre les quais et les rames (valeurs légèrement supérieures dans les rames).
  • Globalement, les concentrations sont plus élevées sur la ligne 1 que sur la ligne 2 : à l’exception du chrome et du manganèse, ce constat est valable aussi bien pour les quais que pour les rames, sans différence entre les 2 types de matériels roulants.
  • Regard sur les polluants hors protocole : sur le quai Gare Lille Flandres, les particules ultrafines sont 20% moins élevées qu’en extérieur (influence du trafic automobile) et 4 fois plus élevées pour le Black Carbon (en lien avec le freinage du métro).

Perspectives

L’influence des interventions de nuit (hors période de service), le roulement des rames sur la voie, le système de freinage, les profils de voies en amont et en aval des quais, la ventilation et le renouvellement d’air… sont des pistes à approfondir pour expliquer les valeurs observées. Les mesures seront reconduites sur les quais en 2022, au regard de la nouvelle hiérarchisation menée en 2021 sur l’ensemble des stations souterraines. 3 quais seront ainsi investigués : Gambetta, Wazemmes et Gare Lille Flandres.

Méthodologie suivie

Le temps passé par un voyageur dans les Enceintes Ferroviaires Souterraines (EFS) est souvent court (trajet dans la rame inférieur à 2 heures et attente de quelques minutes sur les quais).

Atmo Hauts-de-France a mené plusieurs campagnes d’observation au sein du métro lillois (2007-2008, 2010 et 2013-2014). Pour 2021, Atmo Hauts-de-France a proposé à la Métropole Européenne de Lille (MEL), avec le soutien de l’exploitant du réseau ilévia, de s’appuyer sur le guide de recommandations de l’INERIS dans les EFS publié en 2020, afin de mener à bien cette nouvelle campagne de mesures. En l’absence de valeurs réglementaires dans les EFS, ce guide permet d’acquérir des données sur les niveaux de pollution dans le métro lillois, selon une approche commune, afin de comparer les résultats à d’autres métros français.

Cette 4ème campagne de mesures dans le métro lillois vise à caractériser les niveaux des concentrations de certains polluants auxquels les voyageurs sont exposés. L’exposition des usagers a été évaluée sur 3 quais et pour la 1ère fois dans les habitacles des rames.

Selon le guide INERIS, les particules en suspension PM10 et PM2.5, ainsi que 11 métaux présents dans les particules PM10 ont été mesurés en continu sur les quais à l’aide d’analyseurs fixes installés dans une enceinte grillagée au milieu du quai à 1,8 mètre du sol. Le confort des voyageurs a également été évalué, au travers de la mesure du dioxyde de carbone (CO2), en tant qu’indicateur de confinement en lien avec le renouvellement d’air, de la température (T°) et de l’humidité relative (HR). Ces mêmes polluants ont été surveillés dans les habitacles des rames, à l’aide d’analyseurs portatifs, sur 18 séquences de mesures de 1h30 à 2h (9 sur la ligne 1 et 9 sur la ligne 2), lors d’allers-retours du début jusqu’à la fin de la ligne.

Au-delà du guide, Atmo Hauts-de-France a également mesuré les Particules Ultrafines (PUF) et le Black Carbon (BC), spécifiquement sur le quai de la station Gare Lille Flandres.

> Retrouvez la synthèse et l’étude complète

  Posté le : 09 février 2022