une du rapport 2019 des pollens et moisissures

Publication du rapport 2019 de surveillance des pollens et moisissures

À l’occasion de la journée française de l’allergie ce 17 mars 2020, les organismes de surveillance des pollens et moisissures dans l’air ambiant, l’Association des Pollinariums Sentinelles de France, la Fédération Atmo France (regroupant les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air) et le Réseau National de Surveillance Aérobiologique, publient le rapport de surveillance des pollens et des moisissures dans l’air ambiant en 2019.

Pourquoi surveiller ?


1 personne sur 4 souffre d’allergie respiratoire. Suivant les régions et la météo, les saisons d’émissions des facteurs allergisants (pollens ou moisissures) ne sont pas les mêmes. Une surveillance annuelle attentive des émissions allergéniques (pollens) et de leur diffusion dans l’atmosphère (pollens et moisissures) est donc indispensable pour :
• Dépister des nouveaux allergiques,
• Confirmer un diagnostic d’allergie,
• Mettre en place de mesures comportementales adaptées,
• Instaurer d’un traitement préventif ou curatif à bon escient,
• Evaluer l’efficacité du projet thérapeutique suivi par les patients allergiques

Le nombre de personnes atteintes par cette allergie saisonnière augmente depuis plusieurs années. Cette pathologie a un impact non négligeable sur la qualité de vie des personnes allergiques (concentration, vigilance, sommeil, etc.) et sur les dépenses de santé (consommation médicamenteuse, arrêt de travail, etc.). L’information précoce délivrée par les alertes aux pollens dans les différentes régions par les organismes chargés de la surveillance pollinique permet d’anticiper les traitements et modifier son comportement pour la saison en cours et d’inciter les nouveaux allergiques à une prise en charge pour l’année suivante.

La surveillance 2019

Le rapport 2019 établi par ces 3 organismes, dresse le bilan de la surveillance des émissions de pollens et moisissures dans l’air ambiant. Il fait ressortir les résultats suivants :

  • Le cyprès : la saison pollinique des cyprès n’a pas été plus précoce que les années précédentes mais elle a été plus intense, due à des conditions météorologiques très favorables tout au long de la floraison.
  • Le bouleau : après des quantités records sur l’année 2018, 2019 a été beaucoup plus calme. Si les tendances globales restent à l’augmentation, la saison 2019 a été en diminution sur une majorité des sites de l’hexagone.
  • L’ambroisie : l’année 2019 ne restera pas dans les annales comme une année forte en pollens d’ambroisie. À part quelques sites dans les zones d’infestation, les quantités annuelles de ce pollen sont en diminution. Il faudra attendre plusieurs années pour confirmer si 2019 est une exception due aux conditions météorologiques ou un début de tendance.
  • Les graminées : une présence plus précoce pour la flouve et le vulpin et une fin de saison marquée par la présence de ray-grass et fléole

Une confirmation de l’impact du changement climatique sur la pollinisation et les moisissures


Le changement climatique se manifeste principalement par une élévation des températures moyennes, un allongement des périodes chaudes et une modification du régime des précipitations. Or, la pollinisation est directement liée à la température et aux précipitations, qui impacte les dates de floraison et les quantités de pollens émis. Cet effet est néanmoins variable selon les espèces.

Augmentation pour le bouleau et réduction pour les graminées
Pour les arbres à chatons et la plupart des plantes vivaces, un climat plus chaud entraîne une forte hausse des quantités de pollen émises. Pour le bouleau, par exemple, la progression au cours des trois dernières décennies a été comprise, selon les villes françaises, entre 21 et 126 grains par mètre cube d’air et par an. Mais l’inverse a été observé pour les graminées avec, presque partout, une diminution des concentrations de pollen dans l’air.

Avec des dates de floraison plus ou moins tardives
Les répercussions sur les dates de floraison sont plus complexes. Le début de la saison pollinique du bouleau a ainsi connu jusqu’aux alentours de 2002 une avance moyenne de 0,2 à 7 jours par an, après quoi la tendance s’est inversée, au point que la pollinisation démarre maintenant aussi tard, voire plus tard qu’il y a trente ans. L’explication la plus plausible est que des hivers trop doux retardent le redémarrage de la végétation, quelle que soit la température du printemps.

Des pollens plus allergisants
Des teneurs atmosphériques croissantes en gaz carbonique CO2 sont susceptibles d’aggraver la fréquence des allergies au pollen, en augmentant de 50 à plus de 200 % la production de pollen de chaque fleur de certaines graminées, comme la fléole des prés ou de chaque fleur d’ambroisie. Parallèlement est majorée la quantité de particules allergènes à l’intérieur de chaque grain, ce qui rend le pollen plus allergisant.

> Téléchargez le rapport de surveillance des pollens et moisissures dans l’air ambiant en 2019
> Retrouvez le communiqué de presse
> Visionnez également une vidéo qui présente le dispositif de surveillance mis en place par les AASQA pour les pollens