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Ozone : un polluant estival complexe

L’ozone est le seul parmi les polluants réglementés dont les concentrations augmentent sur les dix dernières années dans plusieurs régions françaises. Les valeurs cibles pour la santé comme pour la végétation ne sont pas respectées. Zoom sur ce polluant complexe.

Qu’est-ce que l’ozone ?

Polluant secondaire qui résulte de transformations chimiques sous l’effet du rayonnement solaire, les perspectives d’évolution de l’ozone dans les prochaines années sont défavorables. Selon l’étude conduite par l’INERIS pour l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE) « le changement climatique aura un effet pénalisant sur la pollution à l’ozone pour une grande partie de l’Europe continentale, avec une augmentation prévisionnelle des concentrations d’ozone en été de l’ordre de 2 à 3 μg/m3 en moyenne sur la période de l’étude. »

Des actions de forte ampleur et à grande échelle sont à mener pour enrayer ce phénomène. Il convient de s’attaquer en priorité aux secteurs des transports, des activités économiques mais aussi à l’utilisation de solvants dans les produits du quotidien, qui émettent dans les plus grandes proportions les deux principaux polluants précurseurs de l’ozone que sont les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV) dont le méthane (CH4). La réduction de la pollution attendue ne sera pas homogène selon les polluants (ozone et ses précurseurs) et les territoires. Néanmoins il y aura un bénéfice considérable pour la qualité de l’air et la santé des populations.

Zoom sur la région Auvergne-Rhône-Alpes

La région Auvergne-Rhône-Alpes est particulièrement touchée par l’ozone. Aussi Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, l’observatoire de la qualité de l’air sur la région, a mené une étude spécifique sur ce polluant. En effet, en 2020, l’exposition des populations à la pollution concerne plus particulièrement l’ozone. La moitié de la population de la région (3 783 400 habitants) est exposée à des valeurs supérieures à la valeur cible de la réglementation. Les départements les plus touchés sont ceux de l’ex-région Rhône-Alpes. L’ex-région Auvergne n’est presque pas touchée par l’ozone (de l’ordre de quelques milliers d’habitants exposés sur les départements du Puy-de-Dôme, du Cantal et de la Haute-Loire).

Néanmoins, la pollution à l’ozone a diminué de 9% par rapport à 2019. A la hausse depuis 2007, cette baisse s’explique par la conjugaison en 2020 de deux paramètres :
• La baisse des activités industrielles et du trafic liée au contexte sanitaire (-4% d’ozone en 2020)
• Des conditions météorologiques favorables (-5% d’ozone en 2020)

Un plan régional ozone, porté par l’Etat, est en cours de finalisation. Il s’appuie notamment sur les travaux d’analyse d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes visant à identifier les leviers d’actions les plus efficaces. Ce plan unique en France, qui constitue l’un des axes de la stratégie régionale eau-air-sol portée par le Préfet de région, souligne l’engagement du territoire régional dans sa volonté de mettre en œuvre les actions nécessaires à l’amélioration de la qualité de l’air. Il pourra servir d’exemple à d’autres territoires souhaitant programmer des actions ambitieuses dans la lutte dans la pollution atmosphérique

> Retrouvez le dossier complet « L’ozone, un polluant estival à fort enjeu » d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes

  Posté le : 02 juin 2021