Les vagues de chaleur charrient l’ozone

La fin de ce mois de juin est marquée par le retour de la chaleur. Si celle-ci a le mérite de faire du bien au moral à l’approche des vacances, elle est aussi synonyme de dégradation de la qualité de l’air. En effet, la présence dans l’air de certains polluants peut, sous certaines conditions d’ensoleillement, favoriser la formation de l’ozone, polluant atmosphérique typique de la saison estivale. Au point que certaines régions traversent déjà un pic de pollution à l’ozone…

Un polluant typiquement estival

L’ozone n’est pas un polluant émis directement. C’est un polluant dit « secondaire », qui résulte de l’action du rayonnement solaire sur certains composés « précurseurs » tels les oxydes d’azote (NO et NO2) et les composés organiques volatils (COV), d’origine industrielle et automobile pour l’essentiel. La météorologie est un facteur qui influe fortement sur la formation de l’ozone : en général, plus il y a de soleil et de chaleur, plus la formation d’ozone dans l’air que nous respirons est importante !

En outre, la pollution par l’ozone apparaît surtout l’été, lorsque l’ensoleillement est intense. Les plus fortes concentrations sont le plus souvent mesurées en milieu ou fin d’après-midi (forte intensité solaire favorisant les réactions chimiques) et par vent faible (stagnation des polluants dans l’atmosphère), en périphérie des zones émettrices des polluants primaires puis transportées sur de longues distances.

L’ozone : « bon » ou « mauvais » ?

Bien que de nature chimique identique, il convient de distinguer l’ozone « stratosphérique » de l’ozone « troposphérique » :

  • l’ozone stratosphérique, qualifié de « bon ozone », forme une couche qui nous protège de certaines radiations nuisibles du soleil (rayons UV-B et UV-C en particulier)
  • l’ozone troposphérique, le « mauvais ozone », est un polluant très toxique car il est en contact direct avec l’homme et les écosystèmes.

Le « trou dans la couche d’ozone » est une disparition partielle de ce « bon ozone », liée à l’effet destructeur d’ozone de certains polluants émis dans la troposphère (couche atmosphérique dans laquelle nous vivons) et qui migrent lentement dans la stratosphère (10 à 60 km d’altitude).

Des effets sur la santé et sur l’environnement

L’ozone est un gaz irritant qui pénètre facilement jusqu’aux voies respiratoires les plus fines et peut provoquer chez certaines personnes (notamment les jeunes enfants, personnes âgées, asthmatiques, allergiques ou souffrant d’insuffisance cardiaque et respiratoire) des irritations respiratoires mais aussi oculaires.

L’ozone a un effet néfaste sur la végétation (processus physiologiques des plantes perturbés), sur les cultures agricoles (baisse des rendements) et sur le patrimoine bâti (fragilisation/altération de matériaux tels métaux, pierres, cuir, caoutchouc, plastiques…).

Les seuils réglementaires

Néfaste pour la santé humaine et la végétation, l’ozone constitue l’un des facteurs essentiels de la dégradation de la qualité de l’air. Pour cette raison, la réglementation a fixé des normes pour ce polluant, qui portent à la fois sur des niveaux moyens et sur des niveaux de pointe.

Pour ces derniers, la réglementation fixe le seuil d’Information et de Recommandation à 180 µg/m3/h et le seuil d’Alerte à 240 µg/m3/h.

Les bons gestes

L’ozone est un polluant dépendant essentiellement des conditions météorologiques : il est donc difficile d’influer sur sa formation. Il reste cependant possible d’agir en limitant les niveaux de ses précurseurs (NOx et COV) :

  • J’évite d’utiliser mon véhicule et préfère le covoiturage, les transports collectifs, le vélo voire la marche lorsque cela est possible ;
  • J’adopte une conduite apaisée, je coupe le moteur à l’arrêt, je limite l’utilisation de la climatisation, mon véhicule est entretenu ;
  • Je réduis ma vitesse si la limitation est supérieure ou égale à 70 km/h (sauf vignette CRIT’AIR zéro émission).
  • Je reporte l’utilisation d’outils à moteur thermique (tondeuse, groupe électrogène…).
  • J’évite d’utiliser des produits à base de solvants (white spirit, peinture, vernis…).
  • J’ai conscience que le brûlage à l’air libre des déchets (y compris les végétaux) est interdit.

Les recommandations sanitaires

De manière générale :

  • Il n’est pas nécessaire que je modifie mes habitudes ;
  • En cas de symptômes ou d’inquiétude, je prends conseil auprès de mon médecin ou de mon pharmacien ;
  • Je veille à ne pas aggraver les effets de cette pollution par d’autres facteurs irritants (tabac, usage de solvants, exposition aux pollens…) ;
  • Je ne modifie pas mes pratiques habituelles d’aération et de ventilation ;
  • Pour les personnes sensibles et vulnérables (femmes enceintes, nourrissons, jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, asthmatiques, personnes se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution) :
  • Je limite les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux heures de pointe ;
  • Je limite les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions), autant en plein air qu’à l’intérieur.

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Source : Atmo Bourgogne-Franche-Comté