pollution covid

Covid 19 : publication de Santé publique France

Santé Publique France a publié une synthèse sur le lien covid et pollution de l’air dans le cadre de son programme de surveillance Air et santé (le Psas) intitulé « Pertinence et faisabilité d’une étude sur le rôle de la pollution de l’air ambiant dans l’incidence et/ou la sévérité de la Covid-19 en France ».

L’objectif de cette synthèse est d’analyser, d’un point de vue de santé publique et méthodologique, la pertinence et la faisabilité de conduire une étude épidémiologique concernant le lien entre la pollution de l’air ambiant (PA) et l’épidémie de Covid-19 en France.

Pour ce faire, 21 revues de littérature et analyses critiques, ainsi que 77 articles originaux ont été identifiés et analysés sur le plan méthodologique entre janvier 2020 et septembre 2021. De plus, la disponibilité en France des indicateurs d’exposition et de santé identifiés dans la littérature a été examinée.

Les études portant sur les mécanismes physiopathologiques et les études épidémiologiques traitant du lien entre PA et Covid-19 sont plutôt en faveur de ce lien. Elles créditent la pertinence d’études complémentaires pour mieux évaluer cette association, notamment en termes d’aggravation de la maladie. Le rôle de l’exposition à long terme dans cette aggravation semble la voie la plus plausible d’action de la PA. Cependant, si la question de l’influence de la PA sur la Covid-19 apparaît pertinente et se justifie sur le plan physiopathologique, il semble que l’effet réel soit sans doute plus faible que celui des facteurs individuels ou contextuels déjà connus et fortement liés notamment aux cas graves. Ainsi, il sera sûrement difficile de mettre en évidence un lien, même avec une méthodologie et des données de qualité.

Aussi, seule une étude multicentrique à effectif large (européenne ou internationale), au niveau individuel de préférence, avec mise en place de méthodes originales et adaptées pour étudier l’association entre l’exposition à la PA et une infection virale pandémique qui se propage par transmission de personne à personne et qui évolue si rapidement dans le temps et l’espace, permettrait de quantifier de façon fiable la part de la PA dans l’aggravation de la Covid-19.

Au-delà, la pertinence d’études investiguant spécifiquement le lien entre PA et Covid-19 doit être évaluée plus globalement au regard de l’analyse des autres cofacteurs contextuels et individuels pouvant influencer plus notablement la dynamique de l’épidémie. À noter que si des études épidémiologiques plus globales étaient réalisées, le paramètre  » pollution de l’air ambiant  » devrait être analysé au même titre que les autres cofacteurs.

Cela étant dit, il apparaît clair que la PA entraîne des comorbidités rendant les populations plus vulnérables aux infections dont la Covid-19. L’exposition à la PA entraîne également une diminution de l’espérance de vie et dans les cas les plus graves, elle conduit au décès, comme le montrent les dernières estimations de Santé publique France pour la période 2016 à 2019 (près de 40 000 décès attribuables chaque année aux particules fines PM2,5). Ces travaux soulignent une nouvelle fois l’importance de poursuivre les efforts de réduction de la PA, en agissant sur l’ensemble des sources de pollution. Enfin, la pandémie de Covid-19 souligne l’étroite interconnexion entre les enjeux liés au changement climatique, la pollution de l’air et les maladies infectieuses émergentes, confortant l’importance d’envisager les politiques d’évaluation et d’action selon une approche intégrée de santé publique et santé environnementale.

> Retrouvez la synthèse

  Posté le : 11 mai 2022