evolution du NOx en mars 2020

COVID-19 : focus sur l’exposition des riverains à la pollution automobile près des grands axes avant/pendant le confinement – 21 avril 2020

L’ESSENTIEL :
• Sur le mois de mars 2020, les concentrations moyennes journalières en oxydes d’azote (NOx, polluants principalement émis par le trafic) ont fortement baissé à proximité des principaux axes routiers depuis la mise en place du confinement, diminuant ainsi l’exposition des riverains des grandes voiries à des niveaux généralement inférieurs à ceux d’un dimanche habituel ;
• Sur les stations représentatives de l’exposition de la population à la pollution due au trafic, la différence avant/pendant le confinement est de 30 à 75% suivant les villes ;
• La comparaison entre les mois de mars 2019 et de mars 2020 illustre aussi cette baisse des concentrations, tout en gardant à l’esprit que les variations observées résultent d’une part de l’impact du confinement sur la circulation mais aussi de conditions météorologiques qui ont pu localement être très différentes entre 2019 et 2020.

> Retrouvez le communiqué de presse en pdf

Des mesures locales en complément des modélisations nationales

Atmo France et les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) qu’elle fédère se sont organisées pour maintenir les missions réglementaires essentielles de mesure, de surveillance et d’information du public sur la qualité de l’air pendant cette période de pandémie au covid-19.

En complément entre autres des publications de l’Ineris sur l’évolution de la qualité de l’air en France , d’images satellites d’agences spatiales, des communiqués d’Atmo France et localement des différentes AASQA sur l’impact du confinement sur la qualité de l’air, Atmo France a réalisé un focus synthétique sur l’évolution des oxydes d’azote (NOx) à proximité des axes routiers à fort trafic grâce aux données historiques des stations de mesure des associations agréées en charge de la surveillances et de l’information sur la qualité de l’air en France. Les NOx proviennent en grande partie du transport routier ; or la baisse drastique de ce dernier est l’un des éléments le plus marquant du confinement pour l’ensemble du territoire métropolitain et outre-mer. Pour les personnes dont le lieu de vie est proche de grands axes routiers, leur exposition aux NOx est particulièrement importante.

Grace à la surveillance et aux données de terrain des AASQA, il est possible de voir, sur tout le territoire, l’historique de la pollution de l’air à différents polluants, notamment aux NOx, ainsi que l’évolution de cette pollution.

Pourquoi choisir les oxydes d’azote (NOx) comme indicateur ?

Les NOx regroupent le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2) exprimés en µg/m3 équivalent NO2. La source principale d’émission de NOx en ville est le trafic routier pour plus de 2/3. Indicateurs de pollution du trafic routier, ces polluants sont règlementés par la législation européenne. Leur surveillance sur le territoire est obligatoire et le NO2 est une espèce particulière suivie en raison de sa toxicité. La France est, d’ailleurs, en contentieux avec la Commission européenne pour non-respect des directives concernant les concentrations de ce polluant dans l’air ambiant de nombreuses agglomérations. L’équilibre en NO et NO2 étant très sensible à la température, l’indicateur NOx est plus stable que le simple NO2 en période de variation importante de température.

Les NOx sont également précurseurs d’autres polluants : dans certaines conditions climatiques et d’ensoleillement, ils réagissent avec certains polluants selon des processus physico-chimiques complexes intervenant dans l’atmosphère. Ils réagissent en particulier avec les composés organiques volatils (COV) pour conduire à la formation d’ozone troposphérique ou avec l’ammoniac (NH3) pour former des particules secondaires (dont les niveaux sont d’ailleurs restés soutenus certains jours pour une bonne partie de la France, malgré les mesures de confinement).

Diminution importante des expositions aux oxydes d’azote (NOx) en bordure des axes de trafic

Atmo France avec l’appui des AASQA a analysé l’évolution des concentrations moyennes journalières en NOx du 1er au 31 mars 2020 sur des stations représentatives de l’exposition à la pollution dû au trafic dans les principales agglomérations françaises. Les émissions de NOx étant globalement en lien avec le trafic routier, les données de la station de référence à l’exposition du trafic ont été utilisées et ce, pour toutes les préfectures de région ainsi que pour les agglomérations de plus de 500 000 habitants.

Évolution des niveaux d’oxyde d’azote (NOx) mesurés sur les grands axes routiers en mars 2020 avant et pendant le confinement

La baisse du trafic routier lié au confinement a eu pour impact une baisse globale des concentrations de NOx sur tout le territoire français métropolitain et outre-mer. Sur le mois de mars 2020, la mise en place du confinement a mené à une baisse des concentrations moyennes journalières en NOx proches des axes routiers de 50% à Bordeaux ; 70% à Toulouse ; 67% à Fort-de-France ; 69% à Dijon ; 62% à Rennes et 69% à Marseille par exemple (voir infographie ci-dessus).

L’évolution des niveaux de NOx a également été analysée pour plusieurs agglomérations de plus de 500 000 habitants. L’impact de la baisse du trafic routier y est également visible sur les concentrations de NOx. Par exemple l’agglomération de Paris a observé une baisse de 73%, l’agglomération de Grenoble de 72%, l’agglomération de Toulon de 49% et l’agglomération de Nice de 69%.

Méthodologie

Afin de montrer l’impact du confinement sur la pollution en NOx, Atmo France a réalisé sur quelques stations trafic représentatives dans chaque agglomération un ratio entre la moyenne des concentrations journalières en NOx du mois de mars avant la mise en place du confinement (1er au 17 mars 2020) et au début du confinement (18 au 31 mars 2020). Exprimé en pourcentage, ce ratio indique l’évolution des niveaux de NOx mesurés sur les grands axes routiers en mars 2020 avant et pendant le confinement.

Les concentrations journalières en NOx du mois de mars 2019 sont également renseignées sur les graphiques en partie III afin d’illustrer l’état des concentrations en NOx en 2019 à la même période* La comparaison entre les mois de mars 2019 et de mars 2020 illustre aussi cette baisse des concentrations, tout en gardant à l’esprit que les variations observées résultent d’une part de l’impact du confinement sur la circulation mais aussi de conditions météorologiques qui ont pu localement être très différentes entre 2019 et 2020.

*A la suite d’incidents techniques, dans certaines régions, quelques données journalières sont indisponibles. A noter que la réglementation oblige les AASQA à disposer d’au moins 90% de données sur l’année.

Un impact net par rapport à la même période en 2019

Vous retrouverez ci-dessous les graphiques pour chacune des grandes villes françaises. Vous pouvez également retrouver des informations complémentaires au plus proche de chez vous, sur le site de l’AASQA de votre région.

Région Auvergne-Rhône-Alpes / Atmo Auvergne-Rhône-Alpes – https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/

Ville de Lyon
L’agglomération lyonnaise suit les mêmes tendances que la ville de Lyon.

Agglomération grenobloise

Région Bourgogne-Franche-Comté / Atmo Bourgogne-Franche-Comtéhttps://www.atmo-bfc.org/

Ville de Dijon

Région Bretagne / Air Breizhhttps://www.airbreizh.asso.fr/

Ville de Rennes

Région Centre – Val de Loire / Lig’Air https://www.ligair.fr/

Ville d’Orléans

Région Corse / Qualitair Corsehttps://www.qualitaircorse.org/

Ville d’Ajaccio
A la suite d’un incident techniques, les données du 10 et 11 mars 2020 ainsi que du 20 au 26 mars 2020 ne sont pas disponibles.

Région Grand Est / ATMO Grand Est https://www.atmo-grandest.eu/

Ville de Strasbourg

Région Guadeloupe / Gwad’Air http://www.gwadair.fr/

Ville de Pointe-à-Pitre
Les données présentées sont celles de l’agglomération pointoise afin d’offrir une meilleure représentativité de l’impact du confinement

Région Hauts-de-France / Atmo Hauts-de-France https://www.atmo-hdf.fr/

Ville de Lille
La ville de Lille et l’agglomération lilloise suivent les mêmes tendances.

Région Ile-de-France / Airparifhttps://www.airparif.asso.fr/

Ville de Paris :

place de l’Opéra dans le 9ème arrondissement

Agglomération parisienne :

station de l’autoroute A1 à St Denis (93)

Région Martinique / Madininairhttps://www.madininair.fr/

Ville de Fort-de-France

Région Normandie / Atmo Normandiehttp://www.atmonormandie.fr/

Ville de Rouen

Région Nouvelle-Aquitaine / Atmo Nouvelle-Aquitainehttps://www.atmo-nouvelleaquitaine.org/

Ville de Bordeaux
L’agglomération bordelaise suit les mêmes tendances que la ville de Bordeaux.

Région Occitanie / Atmo Occitaniehttps://www.atmo-occitanie.org/

Ville de Toulouse
L’agglomération toulousaine suit les mêmes tendances que la ville de Toulouse.

Région Pays de la Loire / Air Pays de la Loire http://www.airpl.org/

Ville de Nantes
L’agglomération nantaise suit les mêmes tendances que la ville de Nantes.

Région Provence – Alpes Côte d’azur/ AtmoSudhttps://www.atmosud.org/

Ville de Marseille
L’agglomération marseillaise suit les mêmes tendances que la ville de Marseille.

Agglomération niçoise

Agglomération toulonnaise