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Air intérieur : des nouvelles études sur les huiles essentielles

La qualité de l’air intérieur est pollué par des polluants venant de l’air extérieur et par des produits utilisés en intérieur comme les diffuseurs et désodorisants d’huiles essentielles et les huiles essentielles. L’ADEME a publié deux nouvelles études qui démontrent l’impact sanitaire de l’utilisation de tels produits et la pollution qu’ils génèrent.

PRESSENS, une étude centrée sur les impacts des diffuseurs de parfums et d’huiles essentielles sur la qualité de l’air intérieur et sur les risques sanitaires potentiels pour les occupants

Ce projet de recherche s’est intéressé à l’impact des émissions de désodorisants non combustibles (appelés également parfums d’ambiance) sur la qualité de l’air intérieur et à l’exposition des occupants aux polluants volatils et aux particules émis lors de leur utilisation. Les produits étudiés peuvent être passifs (la dispersion du parfum est continue, comme pour les désodorisants capillaires ou à mèche) ou actifs (une action est nécessaire pour la dispersion du parfum, comme des diffuseurs électriques ou des sprays).

Les résultats de cette étude montrent tout d’abord que les informations fournies par les fabricants aux consommateurs concernant la composition des produits est parcellaire. De plus, la connaissance de la composition liquide des parfums d’ambiance ne permet pas de prévoir les composés volatils émis lors de leur utilisation.

Une grande disparité entre les émissions des différents désodorisants testés a été mise en évidence lors de la campagne de mesure réalisée dans des conditions réalistes. Il a aussi été constaté que la première utilisation d’un désodorisant non combustible est beaucoup plus émissive en composés volatils et particulaires que les suivantes.

L’évaluation des risques sanitaires, permettant de mieux connaître les risques associés à l’utilisation des parfums d’ambiance, a été réalisée à partir de différents scénarii d’exposition :

  • Parmi les diffuseurs actifs, les enjeux sanitaires liés aux sprays et aérosols manuels sont plus élevés que ceux liés aux autres diffuseurs actifs,
  • Les expositions les plus courantes peuvent être considérées comme non préoccupantes,
  • Cependant, plusieurs dépassements de valeurs repères suggèrent un besoin de diminuer les expositions chroniques et aïgues les plus fortes, notamment concernant l’acroleine, le benzène, le limonène, le formaldéhyde et les particules. Il est à noter que seules 28% des substances détectées dans le cadre de cette étude ont une valeur de toxicité permettant leur prise en compte dans l’évaluation des risques sanitaires.

Ce travail confirme l’importance de limiter l’utilisation des diffuseurs de parfums et d’huiles essentielles dans les environnements intérieurs. En particulier, il convient d’éviter leur utilisation en présence de personnes sensibles (bébés, enfants, personnes souffrant de troubles respiratoires, femmes enceintes…). Pour des utilisations raisonnées, des recommandations de bonnes pratiques sont proposées, telle que d’aérer la pièce après utilisation et d’éviter l’inhalation directe des émissions.

> Retrouvez l’étude PRESSENS

ESSENTIEL, une étude de l’impact des huiles essentielles présentes dans les produits ménagers sur la qualité de l’air intérieur

Ce deuxième projet de recherche étudie les émissions de produits ménagers à base d’huiles essentielles, tels que des produits de nettoyage (sprays, lingettes, liquides) ou des désodorisants (sprays, aérosols).

Une analyse du marché des produits ménagers à base d’huiles essentielles a montré qu’un produit étiquetté « à base d’huiles essentielles » sera davantage perçu par les consommateurs comme sain, et donc présentant peu de risques pour l’air intérieur ou pour la santé. La raison est que les consommateurs ne disposent pas d’informations claires concernant leur exposition potentielle aux composés émis dans l’air intérieur par ces produits. Néanmoins, tous les produits parfumés à base d’huiles essentielles représentent une source majeure de composés organiques volatils (COV) odorants dans les environnements intérieurs, et le manque de ventilation ou d’aération augmente leur concentration. Il vaut mieux privilégier les produits sans parfum.

Le projet ESSENTIEL aboutit à des préconisations à destination des politiques publiques. Dans une perspective de normalisation et de hiérarchisation des produits de nettoyage contenant des huiles essentielles par rapport à leur impact sur l’air intérieur, il ne faudrait pas s’appuyer sur les teneurs en COV terpéniques dans le produit au format liquide, mais sur des essais d’émission. En effet, le détail de la composition en COV terpéniques des produits sur l’étiquetage ne permet pas de fournir une information pertinente concernant leur impact sur la qualité de l’air intérieur.

> Retrouvez l’étude

Des produits dits « assainissants » ne font pas une maison saine

Pour l’ADEME, bien que naturelles et issues de plantes, les huiles essentielles ne sont pas sans impact sur la qualité de l’air dans la maison, ni sans impact sur la santé. Il ne s’agit donc pas de recommander de ne plus les utiliser, mais d’informer et d’en promouvoir une utilisation raisonnée et éclairée.

Il apparaît ainsi nécessaire d’encadrer les allégations concernant l’amélioration de la qualité de l’air intérieur par les produits ménagers à base d’huiles essentielles. Pour les consommateurs, il convient de privilégier la diffusion temporaire d’huiles essentielles plutôt que la diffusion continue dans les espaces intérieurs afin de limiter le temps d’exposition des occupants.

> Retrouvez les autres travaux déjà publiés concernant les impacts sur l’air intérieur liés à l’utilisation des bougies et encens ainsi que sur des produits de nettoyage

Source : ADEME

  Posté le : 01 février 2022